Regards opposés
Sur le marché de Tepoztlán, un homme et une femme sont assis à quelques dizaines de centimètres l'un de l'autre. Ils partagent le même muret, le même instant, le même espace. Pourtant, leurs regards partent dans deux directions opposées.
Ils sont côte à côte dans l'image, mais chacun semble appartenir à une scène différente.
L'homme tourne la tête vers la gauche. La femme regarde vers la droite. Aucun regard ne relie les deux personnages.
Cette opposition est d'autant plus visible que leurs corps sont placés sur la même ligne et presque à la même hauteur. La proximité physique rend leur séparation plus évidente.
Le cadre les réunit
Le muret sur lequel ils sont assis forme une longue ligne horizontale. Il traverse l'image et rassemble les deux personnages dans un même espace.
Derrière eux, le mur, l'escalier et les traces d'usure composent un décor commun. Devant eux, les objets du marché viennent fermer la scène.
Les couleurs participent elles aussi à la construction. Le vert du vêtement de la femme attire le regard, tandis que le grand récipient rouge du premier plan occupe une place considérable dans l'image.
Ces formes et ces couleurs empêchent les personnages de devenir de simples portraits. Ils restent profondément liés au marché qui les entoure.
Deux personnes, quelques centimètres entre elles, et pourtant deux directions opposées. Le cadre les rassemble davantage que leurs regards.