Etrange attitude
Au premier regard, le geste paraît difficile à comprendre. L'homme vise avec un appareil photo, l'œil collé au viseur, tandis que son autre bras tient un téléphone à bout de bras.
Nous savons qu'il photographie. Ce que nous ne savons plus très bien, c'est avec quoi.
Chacun des gestes est parfaitement familier. Regarder dans un viseur appartient à la photographie classique. Tenir un téléphone devant soi est devenu une autre manière tout aussi courante de faire une image.
Mais lorsque les deux gestes apparaissent ensemble, leur logique devient moins évidente. Le photographe semble utiliser deux outils à la fois sans que l'image permette de comprendre exactement pourquoi.
DEUX MANIÈRES DE CADRER
Le bras tendu et le téléphone occupent l'espace à gauche. À droite, l'appareil photo et le visage concentrent au contraire toute l'attention.
Le corps fait le lien entre ces deux gestes. Il devient presque la charnière entre deux façons de regarder, de cadrer et de produire une image.
Le téléphone sert-il à filmer ? À enregistrer une autre image ? À contrôler quelque chose ? La photographie ne donne aucune réponse certaine.
C'est précisément ce manque d'explication qui retient le regard. Nous essayons spontanément de reconstruire la logique d'un geste qui nous échappe.
Deux appareils, un seul photographe et un geste qui reste énigmatique. Ici, regarder consiste d'abord à accepter de ne pas comprendre tout de suite.