Une semaine à Venise
Du 2 au 8 mai 1994, après Londres et la Hollande, je poursuis mes vacances à Venise. Ce n’est pas ma première visite : quelques années plus tôt, j’y avais déjà réalisé une première série de photographies, présentée dans Venise, première série.
Je retrouve donc une ville déjà connue, mais que la lumière, les saisons et les circonstances transforment sans cesse.
Le premier regard sur Venise passe ici par un rideau entrouvert. La ville apparaît comme une scène déjà animée, avec ses passants, ses pigeons et ses façades en arrière-plan.
Je photographie bien sûr les canaux, les palais et la place Saint-Marc, mais mon regard se porte aussi sur ceux qui habitent ou traversent la ville : un lecteur au Florian, un peintre avec son modèle, des passants, des silhouettes saisies au hasard des rues.
Cette semaine vénitienne ne forme pas un itinéraire très ordonné. Elle ressemble davantage à une suite de promenades, de retours aux mêmes endroits et de scènes rencontrées sans les avoir cherchées.
À Venise, les premières heures sont dominées par les images que l’on connaît déjà. Il faut un peu de temps avant de cesser de reconnaître la ville et de commencer réellement à la regarder.
Les grands monuments s’imposent naturellement, mais ils changent sans cesse selon la lumière, l’heure et le point de vue. Une même façade peut sembler solennelle le matin et plus légère quelques heures plus tard.
Peu à peu, les personnages prennent davantage de place. Ils ramènent Venise à une ville où l’on lit son journal, où l’on travaille, où l’on pose et où l’on attend. C’est souvent dans ces scènes-là que le voyage devient plus personnel.
Le soir, la ville change de rythme. Les visiteurs se dispersent, les places se vident et les façades prennent une autre présence. Venise devient alors plus silencieuse et plus difficile à photographier.
Un saut dans le temps pour découvrir la série suivante : Venise en 1997.
Nikon F90 et 35-70mm f2,8 et 70-200mm f2,8. Pellicule Fuji Reala