Guilin et la rivière Lijiang
Fin de journée du 18 octobre. Nous arrivons à Guilin en provenance de Xi’an. En 1995, le tourisme est encore très encadré : d’un point de vente de bricoles à un mini-musée local, on nous balade — au sens propre. Je bous. Je rêve de partir à l’aventure dans les rues, mais il faut attendre que l’accompagnateur décrète la fin de chaque arrêt « obligé ». Le soir, enfin, autour de l’hôtel, je retrouve un peu de liberté et je glane quelques images.
La croisière sur la rivière Li
Le 20 octobre, c’est le grand jour : la croisière sur la rivière Li. Sur la route de l’embarcadère, impossible de faire arrêter le bus malgré les demandes répétées de mes compagnons de voyage. Je photographie à travers la vitre, comme je peux.
Au départ, la rivière disparaît presque dans la brume. Peu à peu, les pitons se détachent, les rives se précisent et le ciel s’éclaircit. Villages, radeaux et embarcations se succèdent au pied des falaises.
Sur le relief karstique
Les pitons qui bordent la rivière Li sont les formes les plus spectaculaires d’un relief karstique : au fil du temps, l’eau dissout le calcaire, creuse grottes et dépressions, puis isole ces tours aux parois abruptes. Autour de Guilin, elles se dressent au-dessus des plaines et de la rivière. Dans la baie d’Along, au Viêt Nam, le même monde calcaire a été envahi par la mer : les tours sont devenues des îles. Deux paysages parents, l’un traversé par une rivière, l’autre dispersé dans la mer.
Enfin, un arrêt
À l’arrivée, un village que j’aurais aimé parcourir. Mais « Hurry up, bus is waiting » : direction une nouvelle coopérative, cette fois pour nous vendre du jade. Sur la route du retour, la pression des voyageurs finit pourtant par l’emporter. Le bus s’arrête enfin au bord des champs. « Not safe, not safe. » Mon œil !
Le 21 octobre, au petit matin, l’aéroport disparaît sous une brume épaisse. Départ pour Canton.
Note de prise de vue. Chine, octobre 1995. Nikon F90. Pellicule : Fuji Reala 100.