De Canton à Hong Kong
Pour quitter Canton, il faut d’abord prendre un train spécial à destination de Kowloon. Le départ n’a rien d’ordinaire : contrôles omniprésents, surveillance serrée, photographies hors de question. De ce passage, il ne me reste qu’un billet — départ à 13 h 32, voiture 4, place 46 — et le souvenir très net d’une frontière que l’on ne franchit pas distraitement.
Au bout de la ligne, Hong Kong. En 1995, le territoire est encore sous administration britannique. Je vais dormir à Kowloon, face à une ville qui semble appartenir à un autre monde : ferries, tramways à impériale, tours serrées autour de la baie et enseignes lumineuses jusque tard dans la nuit.
Hong Kong, d’une rive à l’autre
La première impression vient du port Victoria. Hong Kong se découvre dans le mouvement incessant des bateaux entre Kowloon et l’île : paquebots, ferries, embarcations de travail. À terre, les tramways à impériale poursuivent ce ballet au milieu des immeubles et des enseignes.
Un détour par Macao
Depuis Hong Kong, je pousse jusqu’à Macao, encore sous administration portugaise en 1995. Temples chinois, jardins, façades baroques et fortifications s’y côtoient depuis des siècles. Les ruines de Saint-Paul et les canons de la forteresse du Mont résument à eux seuls cette rencontre singulière entre la Chine et l’Occident.
Hong Kong côté mer
De retour à Hong Kong, je retrouve les ferries puis le port d’Aberdeen. Sampans, bateaux de pêche et habitations flottantes s’y pressent bord à bord. On travaille, on vend le poisson, on vit sur l’eau, à quelques kilomètres seulement des tours qui redessinent déjà la ville.
Depuis Victoria Peak
Il faut ensuite prendre de la hauteur. Depuis Victoria Peak, Hong Kong s’étage entre la pente et le port, hérissée de tours qui semblent manquer de place. La brume efface une partie de l’horizon, mais laisse deviner l’ampleur de la baie.
Le Star Ferry
Pour passer d’une rive à l’autre, le Star Ferry reste le meilleur balcon sur Hong Kong. Quelques minutes suffisent pour traverser le port Victoria, au milieu du trafic maritime. Je photographie les passagers, les bancs de bois et les détails du Solar Star, comme si ce court trajet résumait à lui seul toute la ville.
J’ai pourtant bien failli y laisser mon 35–70 mm : l’objectif manque de m’échapper au-dessus de l’eau. Par chance, seul son bouchon plonge dans la baie. Sueur froide.
Derniers regards, puis Kowloon la nuit
Sur l’île de Hong Kong, les trottoirs se remplissent tandis que tramways et voitures se croisent entre les tours. Puis la nuit tombe. Depuis Kowloon, les immeubles de l’autre rive s’allument un à un ; dans les rues, les enseignes au néon prennent le relais du jour.
Ce premier voyage en Chine s’achève sur les lumières du port. De Beijing à Hong Kong, en passant par Xi’an, Guilin et Canton, je n’aurai aperçu qu’une infime partie du pays. Le 22 octobre, après ces deux journées bien remplies, je prends l’avion pour Paris. Les images, elles, commencent seulement leur voyage.
Note de prise de vue. Chine, Macao et Hong Kong, octobre 1995. Nikon F90. Pellicule : Fuji Reala 100.