Ségovie, premiers pas en numérique
Nous sommes en 2000. Pour la première fois, je pars photographier une ville, Ségovie avec un appareil numérique : un Nikon Coolpix 850. Son capteur ne compte qu’un mégapixel, les piles se vident rapidement et l’autonomie oblige à rester attentif. À l’époque, pourtant, pouvoir voir immédiatement l’image sur l’écran arrière paraît déjà remarquable.
Ségovie devient le terrain de cette première expérience. Je photographie ses grands repères - la cathédrale, l’aqueduc, les places - mais aussi quelques détails et cadrages plus libres, comme pour éprouver ce nouvel outil et comprendre ce qu’il permet réellement.
L’appareil impose encore ses limites. La définition reste faible, l’écran est petit et les piles doivent être surveillées. Mais la possibilité de vérifier aussitôt le cadrage et l’exposition change déjà la manière de photographier.
Mais Ségovie ne se résume pas à ses monuments. Un kiosque à journaux, une place encore calme, une façade, un reflet dans une vitrine : le nouvel appareil me donne aussi envie de regarder les détails et de tenter des cadrages moins attendus.
L’aqueduc revient plusieurs fois dans la série. Vu d’en haut, il structure toute la ville ; vu depuis la rue, il s’impose comme un mur de pierre autour duquel la vie quotidienne poursuit son cours.
Ces images ont aujourd’hui les défauts techniques des débuts du numérique. Elles gardent surtout la trace d’un moment précis : celui où la photographie commençait à changer d’outil, sans que l’on mesure encore jusqu’où cette évolution nous conduirait.
Nikon Coolpix 850 - capteur 1 mégapixel - alimentation par piles