Circuler en Inde
Chaque matin, un chauffeur de l'usine vient me chercher à Chennai pour me conduire à Sriperumbudur, où je travaille, et chaque soir nous faisons la route en sens inverse. Heureusement, il est très sérieux. Cela ne m'empêche pas de croiser les doigts à chaque trajet. La circulation semble n'obéir à aucune règle : bus, camions, rickshaws, motos, bicyclettes, charrettes et piétons se disputent le moindre espace disponible, dans un concert de klaxons.
Pourtant, au milieu de ce désordre apparent, tout finit par avancer. Les véhicules se frôlent, s'évitent au dernier moment et se faufilent là où je ne voyais aucun passage. Depuis la voiture, je photographie ce flot et les scènes de rue qui défilent derrière le pare-brise.
C'est mon premier voyage avec un appareil uniquement numérique, un Nikon Coolpix E990 que je viens d'acheter. Je l'avais choisi en pensant que ce déplacement professionnel m'offrirait peu d'occasions de faire des images. La route allait rapidement me prouver le contraire. Pour une raison qui m'échappe encore, je n'ai pourtant pas utilisé la résolution maximale de l'appareil. Une erreur de réglage ? Peut-être voulais-je ménager la carte mémoire, encore petite et fort chère en ces temps héroïques du numérique.
Photographies, août 2001 — Nikon Coolpix E990, f/2,5 à f/7 (grand-angle), f/4 à f/11 (téléobjectif).