Une fin de journée d’hiver à Prague
En ce début d’année, j’ai l’occasion de commencer mon année photographique à Prague. Cette fois, je dispose de quelques heures pour marcher sans programme précis. En janvier, la lumière décline vite et transforme peu à peu la ville. Les tramways rouges traversent les grandes avenues, les façades se reflètent dans les vitrines, la Maison dansante introduit sa silhouette inattendue au bord de la Vltava. Je poursuis ensuite vers le pont Charles, tandis que le jour baisse et que Prague commence à s’éclairer.
Cette courte promenade devient ainsi un passage de l’après-midi à la nuit, autant qu’une traversée de la ville.
La maison dansante
La Maison dansante tranche brutalement avec les façades plus sages qui l’entourent. Ses deux volumes semblent se pencher l’un vers l’autre, dans un mouvement qui lui a valu le surnom de « Ginger et Fred ». Au bord de la Vltava, elle introduit une rupture très nette dans le paysage de Prague. Selon l’angle, elle paraît tantôt légère, tantôt presque déformée par sa propre courbe. C’est justement ce décalage avec l’architecture voisine qui la rend si photogénique.
Le pont Charles
Le pont Charles est évidemment l’un des lieux les plus photographiés de Prague. À toute heure, les appareils se lèvent vers les statues, les tours, la Vltava et le château dans le lointain. En hiver, la lumière basse et la relative rareté des visiteurs changent un peu la scène. Les photographes restent là, pourtant, à chercher leur angle dans un décor que des milliers d’autres ont déjà cadré avant eux. C’est peut-être aussi cela qui m’amuse : tenter à mon tour de faire une image d’un lieu qui semble avoir déjà été photographié de toutes les façons possibles.
Prague - 13 janvier 2008 Nikon D3 14-24mm f2,8 et 35-70mm f2,8