Deux folles journées à Shanghaï
En novembre 2010, après quelques jours de travail en Chine, je me suis retrouvé avec deux journées entièrement libres à Shanghai. Je connaissais déjà suffisamment la ville pour ne plus ressentir le besoin d'en parcourir les lieux les plus célèbres.
J'avais surtout envie de retrouver un autre Shanghai, beaucoup plus tranquille. Celui des petites rues, des commerces ouverts sur le trottoir, des marchés, des vélos, des repas pris dehors et de tous ces gestes ordinaires qui occupent une journée.
Pendant quarante-huit heures, j'ai donc marché sans itinéraire précis, en m'arrêtant chaque fois qu'une scène retenait mon attention. J'ai photographié les gens dans leur environnement, souvent au travail, parfois simplement en train de parler, d'attendre ou de rentrer chez eux.
Les quartiers anciens étaient encore très présents, même si les immeubles modernes apparaissaient déjà derrière les maisons basses. Les deux Shanghai se côtoyaient en permanence. J'ai rapporté environ 1 500 images de ces deux journées. Celles réunies ici racontent surtout ce Shanghai tranquille que j'aimais parcourir.
Dans ces rues, rien n'appelait particulièrement le visiteur. C'était justement ce que je cherchais. Les commerces débordaient sur le trottoir, les vélos passaient entre les étals et chacun semblait avoir sa place dans une organisation que je découvrais en marchant.
Le travail se faisait souvent à même la rue : vendre, préparer, transporter, réparer. Il suffisait de marcher quelques centaines de mètres pour voir se succéder une quantité de petits métiers et de commerces. La rue n'était pas seulement un passage, elle prolongeait les boutiques et parfois les maisons.
À plusieurs reprises, les tours surgissaient derrière les toits bas. Le contraste était brutal : au premier plan, un Shanghai encore fait de petites maisons et de commerces de proximité ; derrière, la ville nouvelle gagnait déjà du terrain. Je ne savais évidemment pas ce qui resterait de ces rues quelques années plus tard.
La nuit venue, Shanghai change complètement de visage. J'en ai rapporté une autre série, consacrée au Bund et à Pudong, que je préfère garder pour une page séparée.