De Coimbatore à Palakkad
Le 28 juin, nous quittons Coimbatore pour Palakkad. Le trajet est relativement court, mais il nous fait changer d'État, de langue et presque de décor. Entre le Tamil Nadu et le Kerala, la route emprunte la trouée de Palakkad, cette large brèche qui interrompt la longue barrière des Ghâts occidentaux.
Les montagnes apparaissent d'abord au loin, prises dans les nuages. À mesure que nous avançons, la végétation se fait plus dense : grands arbres au-dessus de la chaussée, cocotiers, cultures et huttes couvertes de palmes. Un petit temple coloré surgit devant les reliefs, puis les camions et les commerces reprennent leurs droits.
La frontière se manifeste sans grande cérémonie. À côté de l'Al-Safi Bakery, un panneau du poste de contrôle remercie les voyageurs d'avoir visité le Tamil Nadu. Peu après, les caractères arrondis du malayalam remplacent le tamoul sur les murs, les boutiques et les panneaux publicitaires. Les plaques commencent par KL, les bus changent de livrée : le Kerala s'annonce par une accumulation de détails.
À l'approche de Palakkad, la route redevient rue. Les motos se serrent autour des bus, les rickshaws se croisent devant les magasins et un marchand de fruits déploie ses couleurs devant la poste de Chandranagar. À Olavakkode, une vache attend sous l'enseigne du Rotary Club avec autant de naturel que les voyageurs et les écolières, tandis qu'un peu plus loin l'Hotel Mini Malabar annonce déjà d'autres quartiers.
Ateliers, échoppes et régimes de bananes se succèdent jusqu'aux deux édifices musulmans peints d'un bleu et d'un vert éclatants. Cette fois, le voyage ne consiste pas seulement à photographier ce qui borde la route. Il permet de voir un territoire se transformer progressivement, jusqu'à ce qu'un nouvel alphabet confirme ce que le paysage avait déjà commencé à raconter.
Photographies, juin 2012 Nikon D4 Nikkor 24-70mm f2,8