29 juin 2012Un arrêt dans les rizières de Palakkad

Le soir, en rentrant de l'usine, le ciel est à l'orage et la lumière devient trop belle pour être regardée depuis la voiture. Après avoir rêvé de faire arrêter le chauffeur tous les kilomètres, j'obtiens enfin mon arrêt.

Les rizières sont encore pleines d'eau. Les jeunes plants y dessinent des lignes régulières, tandis que les diguettes découpent le paysage en courbes et en rectangles. Sous les nuages lourds, l'eau renvoie par endroits un peu de ciel. Cocotiers, bananiers, maisons isolées et montagnes voilées ferment l'horizon.

On surnomme Palakkad le grenier du Kerala. Devant ces champs qui semblent se prolonger jusqu'à la lisière des arbres, l'expression cesse d'être une formule. Le paysage n'a pourtant rien d'une carte postale immobile : une route le traverse, un camion chargé passe derrière les rizières, un homme longe les champs, des maisons et une échoppe s'installent au milieu du vert.

Sortir de la voiture change tout. Le paysage ne défile plus : j'ai enfin le temps de regarder ses lignes, d'attendre la lumière et de choisir mon cadre. En revanche, un Européen planté au bord d'une route avec un gros appareil ne passe pas longtemps inaperçu.


Photographies, juin 2012 Nikon D4 Nikkor 24-70mm f2,8