21 février 2019 En immersion à Montmartre

En cette fin de février, le soleil donne à Paris des airs de printemps. Je déambule dans Montmartre, de la place des Abbesses et remonte vers la place du Tertre, sans autre projet que de suivre la lumière et les scènes qui se présentent. Montmartre offre toujours le même décor, mais les gestes changent permanence : on consulte une application, on photographie avec son téléphone, on demande à payer par carte. Entre habitudes anciennes et usages nouveaux, à Montmartre, les usages changent plus vite que le décor.

Place des Abbesses

La promenade commence place des Abbesses. La lumière claire de février découpe les façades et attire déjà les passants sur les terrasses.

Deux visiteuses consultent encore un plan en papier. À quelques mètres de là, les téléphones ont déjà remplacé ce grand déploiement de rues pliées et repliées.

Le marchand de marrons chauds se trouve fort dépourvu lorsqu'un client lui tend une carte bancaire. Le commerce est ancien, mais les habitudes de paiement le sont moins.

À la terrasse d'un café, une femme profite du soleil pour lire son journal. La journée semble s'être organisée autour de ce seul rayon.

En remontant vers la place du Tertre, les tableaux apparaissent avant les peintres. Derrière eux, un galeriste attend, assis dans son propre décor.

Cette passante porte sur elle assez de couleurs pour rivaliser avec les tableaux alentour. Dans le décor de Montmartre, elle devient une composition à elle seule.

La Maison Rose et ses volets verts composent l'une des images les plus connues du quartier. Difficile de passer devant sans constater que le décor tient encore ses promesses.

Dans la vitrine, un sac transparent laisse voir un contenu réduit à l’essentiel : un rouge à lèvres et un briquet. Deux objets, et déjà tout un personnage à imaginer.

La place du Tertre est en travaux. Le bruit des marteaux-piqueurs n'empêche pas les artistes de travailler, ni les visiteurs de regarder.

Malgré les travaux, les portraitistes restent à pied d’œuvre. Quelques minutes de pose suffisent pour repartir avec son visage réinventé par un dessinateur.

La famille est réunie, mais chacun regarde son écran. Ils sont bien ensemble. Encore faudrait-il qu’ils lèvent les yeux au même moment pour être réunis!

Quelques rues plus loin, une application tente de mettre tout le monde d'accord sur la direction du métro. Le téléphone indique la route, encore faut-il savoir dans quel sens le tenir.

La promenade se termine à la gare Saint-Lazare. Après les plans, les applications et les détours, il reste une dernière question : que propose la SNCF pour rentrer ce soir ?


Photographie du 21 février 2019. Leica Q summilux 28mm