Tout le monde avance masqué
Après des semaines où sortir, marcher, rencontrer les autres avait cessé d’aller de soi, Paris retrouve un peu de mouvement. Les décorations de Noël sont en place, les sapins ont repris possession des places et les enfants mangent de la barbe à papa.
Mais quelque chose a changé. Tout le monde avance masqué. On lit, on téléphone, on se promène, on photographie, on attend. Les gestes sont redevenus familiers, les visages beaucoup moins.
Je parcours Paris sans chercher à documenter particulièrement l’épidémie. Elle est pourtant partout dans les images. Un morceau de tissu bleu ou blanc suffit à dater une photographie avec une précision inhabituelle.
Et puis, au milieu de cette ville encore prudente, certains gestes semblent déjà vouloir reprendre leurs droits. On se rapproche, on s’embrasse, on recommence simplement à vivre dehors.
Ce sont mes dernières images de 2020. Une année qui, jusqu’au dernier jour, aura laissé sa marque jusque sur les visages.
Le masque était obligatoire
Au premier plan, une femme avance, téléphone à la main, le visage soigneusement masqué. Dans son sac, une poupée voyage tête en bas, entièrement nue.
Derrière elle, une petite fille mange tranquillement une barbe à papa.
Tout le monde avance masqué. Certains moins que d’autres.
Paris autour de la mairie, décembre 2020 - Leica Q2 summilux 28mm f/1,7