21 septembre 2021 Christo emballe et triomphe

J’avais raté l’empaquetage du Pont-Neuf. Impossible, cette fois, de ne pas aller voir celui de l’Arc de Triomphe.

Le monument était toujours là, massif et immédiatement reconnaissable, mais privé de son apparence habituelle. La toile argentée effaçait la pierre, les sculptures et les inscriptions. Les cordes rouges en redessinaient les volumes. Christo et Jeanne-Claude ne l’avaient pas fait disparaître : ils obligeaient chacun à le regarder comme s’il venait d’être construit.

Mais l’œuvre ne se limitait pas au monument. Elle comprenait aussi ce qui se passait autour : les voitures qui continuaient de tourner, les cyclistes qui traversaient le cadre, les téléphones levés, les photographes en quête d’un point de vue et ceux qui préféraient prendre le temps de dessiner.

Je suis donc venu photographier l’Arc et j’ai surtout regardé les gens qui le regardaient. Pendant quelques jours, ce monument si familier était redevenu une découverte.

Certains accumulaient les photographies. D’autres s’arrêtaient plus longtemps et tentaient de comprendre, crayon en main, comment ces plis avaient transformé l’architecture.

À mesure que je tournais autour de la place, le véritable sujet devenait évident : l’Arc attirait tous les regards, mais chacun inventait sa manière de le voir.