27 janvier 2023 Casse-brique au supermarché

Je fais mes courses dans un Carrefour Market, sans intention particulière de photographier. Pourtant, en passant devant le rayon des boissons, ces alignements de bouteilles et ces blocs de couleurs me rappellent quelque chose.

Depuis quelque temps, je joue sur mon téléphone à un vieux jeu de casse-brique. Il suffit sans doute de cela pour que le rayon se transforme soudain en écran de jeu.

Les bouteilles composent une grille presque régulière. Certaines manquent, d’autres sont légèrement décalées. Les couleurs se succèdent par bandes, du jaune citron au rouge, puis au violet presque noir. On dirait un niveau déjà commencé, dans lequel quelques briques auraient été détruites.

Je photographie frontalement, sans chercher d’autre point de vue. L’iPhone 14 convient parfaitement à cet exercice discret. Le rayon devient une surface plane, organisée en lignes et en cases. Chaque photographie ressemble à une copie d’écran.

Autre rayon, autre niveau.

Cette fois, le jeu oppose Senseo à Tassimo. Les paquets de café ont remplacé les bouteilles, mais l’organisation reste la même : des lignes, des colonnes, des couleurs répétées et quelques irrégularités qui attirent immédiatement le regard.

Ici, l’ensemble est plus compact. Le marron domine, ponctué de rouge, de jaune ou de bleu. Les mêmes mots reviennent d’un paquet à l’autre : classique, intense, décaféiné, XL. Il faut regarder attentivement pour repérer ce qui change.

Je continue à photographier de face, comme si je voulais enregistrer chaque nouvelle configuration du jeu. Une boîte déplacée, un paquet manquant ou une couleur différente suffisent à modifier toute la composition.

Je me demande tout de même ce que pense l’homme chargé de surveiller les écrans du magasin. Il doit voir un client avancer lentement devant les rayons, s’arrêter, cadrer, puis recommencer quelques mètres plus loin.

Peut-être cherche-t-il à comprendre mon manège. Pendant ce temps, moi, je poursuis ma partie.