Regardons
Des camions chargés de sacs et de cartons, une charrette, des ballots posés au sol. Plusieurs hommes travaillent au milieu de cet encombrement. Deux d’entre eux portent d’énormes sacs sur la tête ; un autre se tient debout au sommet du camion de droite.
Les deux camions ferment les côtés de l’image et laissent un passage au centre. C’est là que se trouvent les hommes. Ceux qui portent les ballots disparaissent presque derrière leur charge ; pendant quelques secondes, ils semblent eux-mêmes faire partie de ce qui est transporté.
Les positions comptent aussi : l’un est perché très haut, un autre reste bien visible au centre, torse nu, tandis que les deux porteurs avancent au ras du sol. Ces différences de hauteur donnent du mouvement à l’ensemble.
Et surtout, les hommes donnent l’échelle. Les sacs paraissent énormes parce qu’ils les portent. Les chargements paraissent hauts parce que quelqu’un se tient dessus. La charrette paraît lourde parce qu’on imagine ce qu’il faudra pour la déplacer.
Ce n’est donc pas seulement une image d’un dépôt encombré. Ce sont les hommes qui permettent de mesurer physiquement l’ampleur de tout ce qui est entassé là.