Regardons
D’abord, l’homme et ce jaune éclatant. Le récipient est presque aussi présent que lui. Difficile de ne pas le voir. Puis viennent les affiches déchirées, le sac bleu, les vêtements, toutes ces couleurs qui se répondent.
Mais ce qui me paraît plus intéressant encore, c’est que rien n’est vraiment isolable.
Si je cadre plus serré sur l’homme, j’obtiens un portrait. Sans doute un bon portrait, avec ce visage et ce léger sourire. Mais ce n’est plus la même photographie.
Ici, le rideau métallique couvert de papiers arrachés occupe presque toute l’image. Ce qui pourrait n’être qu’un fond encombré devient essentiel. Les bandes du rideau, les morceaux d’affiches, les rayures de la chemise et celles du lungi se mélangent. Le jaune du récipient revient derrière lui ; le bleu du sac trouve lui aussi quelques échos.
C’est l’ensemble qui m’intéresse : un homme dans un décor qui semble avoir été composé autour de lui alors qu’il ne l’a évidemment pas été.
Et c’est probablement cela qui m’a fait appuyer sur le déclencheur.