Un homme traverse des taches de lumière projetées sur un trottoir par les reflets d'une façade vitrée dorée, dans une rue de Paris.

14 juillet 2026 – L'homme et sa chaise - Barbès, Paris

Chaque jour, il apporte une chaise. Il s'assied devant ce rideau métallique couvert de graffitis. Le spectacle peut commencer.

Autour de lui, Barbès s'éveille. Les volets de fer. se lèvent, les boutiques ouvrent, les conversations passent d'une langue à l'autre, les camions déversent leurs marchandises. Lui ne semble rien attendre de particulier. Assis sur sa chaise, il assiste au spectacle quotidien de Barbès. Il n'en est ni le metteur en scène ni l'acteur principal, mais on a du mal à imaginer la scène sans lui.

Il n'est jamais vraiment seul. Un salut, une plaisanterie, une question lancée au passage... Tout au long de la journée, la rue vient le voir autant qu'il la regarde.. Les adultes le saluent d'un signe de tête. Les enfants le taquinent en passant, heureux d'obtenir un sourire ou une répartie. Certains échangent avec lui cette poignée de main codée dont les plus jeunes ont le secret. Personne ne s'étonne de sa présence. Au contraire, j'ai le sentiment que son absence laisserait un vide.

Assis là, il n'a plus besoin de marcher pour connaître les histoires de son quartier. Les habitants viennent les lui raconter, un par un, au fil de la journée.


Photo prise le 7 mai 2026, rue des Poissonnières. Leica Q3 summilux 28mm