Depuis une salle de petit-déjeuner à Pékin, vue sur les hutongs et les immeubles modernes

12 août 2026 – Petit déjeuner avec vue

À Beijing, depuis la salle du petit-déjeuner, la fenêtre donnait directement sur un quartier de hutongs en contrebas. Cette vue m’attirait chaque matin : les toits bas, les arbres, l’enchevêtrement des maisons traditionnelles des hutongs et, plus loin, les immeubles modernes qui dominaient et fermaient l’horizon.

Ce matin-là, le ciel était dégagé et l’horizon clair. À Beijing, ce détail comptait : la ville ne se laisse pas toujours voir avec une telle netteté. Les conditions étaient donc réunies pour profiter pleinement de la vue. La table était déjà dressée devant la fenêtre. Les fauteuils rouges, le bois sombre, les tasses et les assiettes composaient un espace calme et intime. Juste derrière, les rideaux entrouverts délimitaient la vue et lui donnaient l’apparence d’un tableau. Il y avait ainsi, dans un même regard, l’intimité de la table et l’étendue de la ville.

J’ai eu envie de photographier cette succession de plans. Le regard part de la table, passe entre les fauteuils, franchit la fenêtre, puis descend vers les toits gris des hutongs. Il rencontre les cours, les arbres encore dénudés et le réseau serré des maisons basses, avant de remonter vers les grandes constructions qui ferment la perspective.

Ce passage d’un plan à l’autre raconte aussi quelque chose de Pékin. La ville ancienne s’étend horizontalement au pied des immeubles modernes, comme si deux époques avaient été rapprochées dans la même image. Les hutongs ne sont pas isolés du reste de la ville : ils en occupent le centre, entourés et dominés par une architecture d’une tout autre échelle.

Pourtant, ce n’est pas seulement ce contraste qui m’a fait appuyer sur le déclencheur. C’est la façon dont toute la scène s’ordonnait naturellement devant moi. La salle formait un premier cadre, les rideaux et la fenêtre en dessinaient un second, puis la ville se déployait en plusieurs couches successives. La photographie ne montrait plus simplement une vue sur Pékin : elle reliait, dans une même image, le moment du petit déjeuner, le quartier ancien et la ville moderne.


Beijing depuis le l'hôtel Mercure Grand 7 mars 2010 - Leica X1 - Elmarit 24 mm f/2,8